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Textes au féminin illustrés par Michel
Debray

| Janvier 2012 | ||||||||||
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Je me souviendrais longtemps de cette fin d' après-midi d'automne...
C'était il y a quelques années maintenant... Vous m'aviez donné rendez-vous sur cette place, juste illuminée par des lampadaires, moi seule, en plein vent... et les passants pressés de rentrer dans leur foyer. Gelée, je vous attendais sagement dans ma petite jupe orange à carreaux, le vent s'engouffrant sous mes jambes bottées et gainées de bas...
Une chaleur irradiait cependant mon corps entièrement, comme à chacune de nos rencontres... toujours pleines de surprises... Notre rendez-vous était fixé près de ce musée dont je ne connaissais que le nom... et je regardais les minutes s'égrener sur cette horloge, comme l'envie de Vous qui s'écoulait dans mes veines.
Soudain, une vibration dans ma poche :
"Où êtes-vous ?"
"Là où nous avons rendez-vous cher ami" répondis-je.
"Je ne vous vois point"...
En effet, nous étions à l'opposé l'un de l'autre, et tout en restant en ligne vous aviez décidé de franchir à
grandes enjambées les mètres qui me séparaient de Vous.
"Décrivez-moi comment vous vous êtes revêtue pour moi aujourd'hui ?"
Vous saviez que j'allais vous donner les moindres détails, la voix tremblante et le feu aux joues que vous
contempleriez bientôt.
Et là, je sentis une main remonter ma jupe et accéder à mes bas.
"Ne vous retournez point de suite Mademoiselle", et je sentis votre corps si chaud se serrer contre mon dos. Attrapant ma main, vous y aviez déposé un délicat baiser et ne me lâchant plus me conduisiez vers...
Nous voici arrivés, je levais les yeux : et là, je vis un lieu empli de lumières et de fauteuils, le tout dans un
style d'un autre temps.
"Bienvenue chez Angelina"
Quel décor, très précieux ! Je me sentirais presque mal à l'aise si je n'entendais pas diverses discussions en langues étrangères autour de moi.
J'ôtais mon manteau, mes gants et mon écharpe et je sentis votre regard sur moi. Vous m'aviez murmuré quelques
mots qui me firent rougir instantanément. J'aimais vous regarder en silence et m'imprégner de votre désir pour moi. Vous aviez opté pour un succulent chocolat chaud : un chocolat africain avec sa
chantilly maison... Vous connaissiez mon goût pour ce nectar des Dieux. Tout en contemplant amusé mes moustaches de chantilly, vous m'aviez dit ceci : « Allez vous rafraîchir belle amie, et
retirez donc vos dessous en ne me laissant que vos bas. Je viendrais vous rejoindre dans cinq petites minutes. »
Oups ! Je crois que je n'ai jamais été aussi gênée et excitée à la fois... Oserais-je rester là, à vous attendre ?
J'étais brûlante de connaître la suite et de transgresser un interdit.
Vous êtes arrivé, avez déposé vos lèvres sur les miennes, et là sans ménagement accédé à ce trésor tant convoité...
Je ne savais plus où j'étais ni ce qui se passait, juste le plaisir comptait ! Moi, troussée au milieu de
cette pièce avec de grandes baies vitrées et Vous, vous abreuvant du calice...
Et là, je n'eus pas eu le temps de réagir que des pas entendus, vous m'aviez poussée dans les toilettes... Un tour de clé... quelqu'un essayant de pousser la porte... votre main sur ma bouche... la seconde en moi... Quelqu'un qui tente à nouveau d'entrer... Vous qui activez vos doigts plus rapidement en moi... Moi au bord de... trempée...
Plus un bruit, vous retirez votre main-bâillon de mes lèvres et l'autre trempée, vous léchez vos doigts... Vous
sortez et me laissez là toute pantelante et excitée... Je tente de m'arranger , mais j'eus l'impression en redescendant les marches feutrées de cet escalier que tous les serveurs savaient ce qui
venait d'arriver.
Je me rassieds près de Vous : "Le rouge aux joues vous va à merveille Mademoiselle".
Je vous souris laissant couler ce nectar dans ma gorge serrée... Je vous ai dévoré des yeux comme cette chantilly
au creux de mes lèvres.
Je ne me souviens plus trop de la suite ou alors ces souvenirs doivent rester enfouis dans un petit coin à Vous dédié ...
Dita
Je n’ai pas pour habitude de regarder mon corps et j’attends de lui qu’il me suive dans mes engagements et parfois même qu’il me signale une grande fatigue.
Quand j’ai rencontré mon compagnon, il y a quarante-deux ans, mon corps, dans sa relation amoureuse, a pris toute son importance.
Quand nous faisons l’amour, mon cerveau n’a plus qu’une priorité. C’est mon corps qui tout entier est dans l’acte. Je me laisse complètement aller aux caresses et mon corps réagit en toute liberté.
Je ne me suis jamais demandé si c’était bien ou mal de mouiller, souvent abondamment : c’était simplement bon. Je n’ai jamais cherché mon point G mais je ressens fortement les décharges nerveuses de long de ma colonne vertébrale et c’est jouissif. Je ne sais pas si c’est beau ou non d’avoir ou de n’avoir pas de petites lèvres mais je sais que mes nymphes, très fines, se gonflent et vibrent sous les caresses. Je ne sais pas si mon clitoris est « supérieur » à mon vagin : je jouis de façon clitoridienne et/ou vaginale. Cela dépend des jours, des moments et je n’ai pas l’impression de décider du mode de fonctionnement. La caresse des seins est-elle bonne ou non pour la bonne tenue de mes petits seins ? Je sais qu’elle me procure beaucoup de plaisir. Je ne sais pas où est le bien, où est le mal dans la relation amoureuse. Pour moi, il n’y a ni bien ni mal du moment que cette relation privilégiée apporte du plaisir aux deux protagonistes.
Je n’aime guère la sodomie qui m’est source de déplaisir plus souvent que de plaisir et je sais gré à mon compagnon d’accepter cet état de fait. Peut-être y ressens-je une domination qu’inconsciemment je n’accepte pas ?
J’aime que les échanges se fassent dans un total échange, une entière liberté, juste un hymne au plaisir.
Je n’ai jamais mis les échanges amoureux en balance avec la vie quotidienne : je n’ai jamais fait de chantage au sexe, je n’ai jamais marchandé mes ébats. Les jeux sexuels ne sont que des quêtes du plaisir.
Je ne prévois jamais comment je vais jouir. Je laisse à mon compagnon l’initiative bien souvent. Toutefois, pendant l’acte, j’ai des désirs impérieux qu’il se plait à satisfaire. Je parle peu et je n’attends pas de paroles pour provoquer mes orgasmes. Tous mes sens sont en éveil et alors mon corps exulte.
Je n’ai aucune envie de faire l’amour avec un autre homme car je ne sais pas si mon corps se laisserait aller aussi facilement. J’ai besoin d’avoir une confiance aveugle pour prendre pied, pour prendre mon pied, pour aller jusqu’au bout de mes sensations. J’ai besoin d’aimer.
Quand nous regardons un film érotique ou porno, je fais des remarques, j’analyse, quelquefois j’éreinte le film et souvent je suis stupéfaite de découvrir ma chatte toute mouillée alors que je n’ai pas aimé le film. Mon corps en a décidé autrement.
Et ce corps amoureux me réconcilie avec une enveloppe charnelle que, par ailleurs, je n’aime guère…
Dany
Le jour se lève... Un rayon de soleil vient caresser la croupe de Niche qui dort au pied du lit de son Maître sur un petit matelas car son âge et sa constitution ne supportent plus un sol trop dur.
L'astre solaire lui fait un doux clin d’œil qui l'aveugle un peu.
C'est l'heure, Niche, de commencer ta journée. Vite, elle se dresse sur ses membres, le réveil du Maître doit être réussi, sinon il sera de mauvais poil toute la journée et c'est qu'il n'aime pas
les poils ce Maître P.
Le Maître s'éveille doucement, il s'étire et file à la cuisine préparer le petit déjeuner... du café, du pain grillé et un peu de beurre salé, le tout disposé sur un plateau il retourne à la chambre... Elle observe son maître, il a l'air satisfait et lui montre en lui caressant la tête. Elle est une bonne chienne ainsi à quatre pattes à le regarder.
Il lui tend un peu de café.
Bois ma chienne, mais surtout ne touche pas au bol... elle lape le breuvage. Il l'aide en inclinant un peu sa gamelle. Merci Maître.
Le Maître a fini de déjeuner, il débarrasse le plateau pendant que la petite chienne poursuit son repos. Elle finit par se décider à bouger, quitte son matelas et va et vient dans la pièce pour se dégourdir les pattes. Son Maître la siffle c'est l'heure du bain, elle saute dans la baignoire, il la nettoie énergiquement, et la rince avec la pomme de douche. Elle aime l'eau et cela lui va bien. Stimulée par le clapotis, elle en profite pour uriner sans complexe. Il est quitte pour la rincer de nouveau après lui avoir mis une tape sur l'arrière-train. Il lui dit de sortir de la baignoire et la sèche avec une grande serviette. Elle est libre de se promener dans la maison.
Niche !!! Son Maître l'appelle à nouveau, elle se hâte pour répondre à sa demande. Viens ma chienne, viens à mes pieds... Il lui passe le collier qu'il affectionne et lui attache la laisse au cou. Il la guide à nouveau vers la chambre à quatre pattes. Son Maître l'attache avec la chaîne aux montants du lit.
Il passe à la salle de bain. Il s'habille et sort sans faire plus de cas d'elle. Elle se met en position de sphinx et pose sa tête sur ses pattes avant, et profite de l'aubaine pour dormir
encore.
Monsieur P. son Maître incontesté la dresse de la bonne façon, elle est une chienne docile... elle s'efforce de le satisfaire même si parfois elle ne tient pas en place, il sait la recadrer avec les moyens adéquats.
Toute la matinée se passe ainsi, le soleil est un bon compagnon, il glisse sur son corps et la réchauffe comme une main dans un gant de velours. Elle est tranquille, rêveuse, alanguie, détendue.
Du bruit, Maître P. est de retour. Elle tend l'oreille et se redresse sur ses pattes, elle espère qu'il va venir la détacher. Elle est faite pour le suivre, marcher à ses côtés et se mettre à ses pieds en attendant sa caresse amicale s'il est satisfait ou la punition si elle lui a manqué. Mais non, elle entend qu'il s'affaire en cuisine, visiblement il prépare son déjeuner. Elle se repositionne en sphinx.
Le voici qui s'approche, il entre dans la pièce.
Il la détache et la dirige vers le salon. La conduit vers les toilettes. Elle doit uriner avant le déjeuner. Elle grimpe sur le siège percé et se soulage tout en regardant son Maître. La laisse est tendue à nouveau, il l'entraîne vers le salon, c'est qu'il a faim et qu'il est temps de se restaurer. Il la fait mettre en arrêt et lui intime l'ordre de ne pas bouger. Reste bien stable et ne bouge pas. Il installe son assiette et son verre sur son échine, si tu renverses un peu tu seras punie.
Elle se tend, essaie de trouver l'horizontal parfait. Pas si facile quand on a des formes ! L'avantage c'est qu'il y a de la surface pour poser les instruments. Elle tente de garder la pause,
mais c'est un peu douloureux, elle remue pour se dégourdir les pattes et patatras !!!! le verre d'eau, par terre !
Niche !
Elle le regarde d'un air de chien battu.
Je t'avais prévenue ! Ce n'est pas un peu que tu as versé mais un verre tout entier !
Et Maître P de retirer l'assiette du dos de l'animal. La cravache était à portée de main, Maître P la fait jouer sur la paume de sa main, cela promet une bonne série. Un petit tour de chauffe
pour faire rosir l'arrière-train de Niche et voilà que les choses sérieuses commencent. Il faut qu'elle aboie au rythme de la cravache. Il commence 5 sur une fesse, puis 5 autres... C'est
une vraie punition, elle essaie de le supporter mais ne peut s'empêcher de courber l’échine pour tenter d'échapper à la douleur. Rien n'y fait, elle subit la série entière et remercie son Maître
du châtiment qu'il vient de lui faire administrer en lui léchant les pieds.
Maître P n'a plus faim maintenant, mais il va donner à manger à sa chienne. Il lui
sert un peu de son repas dans une assiette qu'il pose au sol à ses pieds. Elle se penche pour attraper la nourriture qui lui est offerte. Un fruit gentiment distribué à la becquée par son Maître,
le repas est terminé.
Le Maître retourne dans la chambre en guidant Niche. Et hop ! sur le lit. Tentant d'y enfourner quelques objets ! Il choisit le gode le plus volumineux et l'exploration commence. Son con est prêt
à accueillir ce bel instrument, il est chaud et humide. Elle absorbe tout l'objet en deux temps et trois mouvements.
Ma foi, tu es détendue aujourd'hui je vais tenter une chose inédite pour toi. Sa main mise en cône vient l'explorer. Enconnée que tu vas être ma chienne. Il va et vient, force un peu le passage.
Elle est bousculée... on dirait qu'elle ne sait plus très bien où elle est. Jamais quelqu'un n'a été aussi loin, et puis voilà que la main est engloutie. Il a réussi à forcer le passage en
douceur malgré tout. Il a posé sa main sur elle et maintenant en elle.
Elle lui appartient vraiment. Avec précaution il se retire, lui caresse doucement l'arrière train, la flatte comme une bonne chienne. Ses doigts se font invasifs. Explorent toute son intimité.
Son cul est bon à prendre. Tu seras aussi mon enculée aujourd'hui. Cambre-toi bien et tends-moi ta croupe. Il la prend soudainement sans préparation aucune. Elle geint plaintivement par petits
jappements implorants mais il continue sa pression et force le passage ! Elle a mal mais n'émet aucun son, elle a mal mais se cambre pour permettre à son Maître de prendre ce qui lui appartient.
Elle a mal et appuie pour que son sexe la pénètre au plus profond.
Elle n'a plus mal, elle perçoit le poids de son Maître sur elle, sa force aussi.
Elle est là pour ça, pour le recevoir en elle, qu'il dispose d'elle.
Tout est paisible à présent. Elle est épuisée, et halète en tirant la langue. Le
Maître est satisfait de sa chienne, même si en caressant sa tête il lui dit qu'elle doit encore progresser pour être encore plus chienne.
Marie
Son blog : http://lesemoisdelle.erog.fr/
La jeune fille avait frappé timidement un soir à la porte de sa chambre. Il lui avait dit d’entrer comme s’il savait déjà ce qui allait se passer. Elle s’avança muette au milieu de la pièce, il était assis à une table en train de griffonner quelques papiers, se retourna sur elle, posa son stylo et ses lunettes sans un mot, admira tant qu’il put ce corps si jeune qu’il butinait déjà à travers la chemise de nuit d’un rose transparent, comme enveloppé d’une si fragile chrysalide. Abel se leva, s’approcha d’elle, la prit dans ses bras. Il sentit que tout son corps se raidissait d’un seul coup et lut dans les yeux de Clara une angoisse terrible.
Étonné d’une peur aussi subite, alors qu’il lui semblait qu’elle était venue pour se donner à lui, il lui dit doucement à l’oreille :
- Élise, si tu ne le souhaites pas vraiment, nous arrêtons maintenant et il n’y aura aucun ressentiment de ma part. Je ne veux pas te faire l’amour si.......
Elle l’interrompit aussitôt :
- Oh non ! Je ne souhaite que cela ! Mais il y a comme une peur effroyable en moi que je ne comprends pas, qui me paralyse. Je sais que cela vous paraît ridicule.
Elle se serra plus fort contre lui:
- J’ai une peur terrible que mon corps souffre. , pas physiquement mais au plus profond de lui. C’est incompréhensible.
Abel, touché par la franchise et la fragilité de la jeune fille, l’entoura de ses bras, et tout en lui caressant les cheveux, il lui souffla à l’oreille :
- Quelle idée as-tu là ! Jamais je ne te ferai de mal, tu le sais !
Il prit son visage entre ses mains, et planta ses yeux dans le regard angoissé d’Elise et répéta :
- Regarde-moi bien, jamais, tu entends, jamais je ne ferai quoi que ce soit que tu ne veuilles. Tu me crois ?
Elle lui répondit « oui »en hochant la tête.
Il reprit :
- Maintenant, as-tu autant envie de moi, que moi de toi ?
Il reçut la même réponse muette.
- Alors, fais-moi confiance, laisse-toi aller et dès que cela te déplaît, on arrête.
Les mots étaient devenus inutiles, leurs yeux se remplissaient d’amour, l’air qu’ils respiraient ensemble résonnait de toute leur émotion.
Il descendit sa main le long de la cuisse d’Elise, souleva tout doucement sa chemise de nuit, et caressa sous le linge transparent les rondeurs, les seins, le ventre de la jeune effarouchée, qui se raidit quand il effleura son sexe, qu’il abandonna aussitôt. Il ouvrit tendrement sa bouche avec sa langue et savoura avec délice son goût frais. Toute résistance disparut, et dans un gémissement timide, elle répondit à son baiser en goûtant, à son tour, cette langue qui s’introduisait en elle.
Elle ne voulait, ni ne pouvait résister à un tel baiser.
Il lui semblait qu’elle se nourrissait de lui, ou plus précisément qu’il la nourrissait de quelque filtre surnaturel qui la pénétrait, l’envoûtait, lui enlevait toute volonté contraire à leur désir. Déjà, elle fondait en lui.
Alors que leurs lèvres ne parvenaient pas à se séparer, Abel, entre deux baisers, réussit à enlever la pâle enveloppe de cette petite fée, qui lui réclamait maintenant sa bouche à tout moment, et parvint à se dévêtir.
Dès qu’il découvrit le corps blanc et nu de sa jeune aimée, l’émotion qu’il éprouvait déjà pour elle, le bouleversa au point qu’il dut faire un effort surhumain sur lui-même pour de pas se jeter sur lui et le dévorer tout entier de la violence de sa passion. Ce corps si jeune, si plein de vie, si tonique et à la fois si fragile, si inexpérimenté, livré par sa volonté propre, à son plaisir de mâle, le fit chavirer et c’est les larmes aux yeux et avec toute la douceur dont il était capable à ce moment précis, comme pour la remercier du cadeau qu’elle était en train de lui offrir, qu’il l’initia aux joies de l’amour.
Il fut à la fois tendre, attentionné et passionné. Ses caresses et sa voix rassurèrent ce petit être si tendu par l’anxiété, ses mains modelèrent ce corps novice de toute expérience, qui se laissa pénétrer et guider vers des plaisirs qu’il soupçonnait à peine. Abel berça de son sexe le corps attentif d’Elise qui écoutait toutes les vibrations que faisait naître en elle la si rassurante expérience de son guide. A chacune de ses caresses, à chacun de ses affectueux coups de reins, il faisait éclore le joli papillon qu’il savait emprisonné dans son cocon. Sa patience et sa tendresse l’emmenèrent vers le vertige de l’orgasme. Épuisé d’avoir retenu sa passion, il s’abandonna, lui aussi, dans de longs gémissements qu’il tentait d’étouffer un peu, pour ne pas l’effrayer, et s’enfonça dans les profondeurs de son plaisir. Délivrés par le succès de leur première fois, ils s’abandonnèrent à la quiétude de leurs corps apaisés.
Élise fut cependant étonnée de ne pas avoir ressenti la fameuse douleur de sa virginité perdue et surprise de ne pas découvrir une mare de sang en lieu et place de leurs ébats ! Elle en fit part, un peu gênée à Abel, auquel elle jura que c’était réellement sa Première fois, comme s’il était entendu qu’elle lui offrît sa virginité, comme si elle avait voulu lui prouver son sérieux et son amour. Ce à quoi il répondit s’en moquer totalement, que seul comptait pour lui ce don d’elle-même qu’elle venait de lui faire et que, première fois ou non, il venait de vivre une des plus belles émotions de sa vie, longtemps désirée. En effet, Abel avait souvent été ému par les corps juvéniles de quelques-unes de ses rencontres. Il avait toujours rêvé de les initier à la jouissance et se plaisait à imaginer le rôle de Pygmalion qu’il aurait aimé tenir auprès d’une jeune amoureuse. Il ne s’était jamais donné le droit de céder à son désir, même si les prétendantes avaient été nombreuses pour tenir le rôle. Peur d’abuser de leur confiance ? Même s’il n’avait rien promis, Abel connaissait cependant la facilité qu’ont les jeunes filles à se donner tout entières et à exiger la réciproque. Peur de ne pas tenir le rôle parfaitement ? Cela, il en doutait ! Peur de se sentir déconsidéré au bout de quelques temps aux yeux d’une jeune donzelle qui préférerait peut-être plus tard un homme plus jeune ? Sans doute !
Et pourtant, résister au charme, à la jeunesse, à l’amour d’Elise lui fut impossible. Il la sentait différente des autres tentations qui avaient émaillé sa vie. Différente des femmes qui avaient partagé au bout de chemin avec lui, différente des jeunes filles qu’il avait désirées.
Et il n’avait pas la sensation de se tromper : les quinze jours passés sous le soleil de la Méditerranée furent un enchantement pour eux deux, une bulle de douceur, de passion, de compréhension intuitive dans le fleuve de leur vie, un intermède féerique où leurs corps chantaient à l’unisson, leurs mains, leur peau se reconnaissaient et trouvaient enfin la plénitude comme une certitude ancestrale. Abel ne se lassait pas de s’abreuver de la jeunesse, de la sincérité, de l’honnêteté d’Elise, qui se blottissait avec ravissement dans la chaleur, la protection, la maturité de son rassurant amour.
Chaque effleurement était prétexte à une possible explosion de leurs sens. Quand les deux amants étaient seuls, ils s’abandonnaient sans réserve à leur désir, goûtant sans jamais se rassasier au festin du plaisir. Leurs jeux les emmenaient invariablement dans une cascade de sensations plus délicieuses les unes que les autres, qu’illuminaient de foudroyants orgasmes. Et quand il leur fallait s’arracher l’un à l’autre pour s’adonner à d’autres activités, quand ils partaient dans les rues ensoleillées et poussiéreuses d’Athènes, quand ils tentaient de se concentrer sur la visite d’un site ou d’un monument, leurs regards ne pouvaient cesser de se cajoler, leur peau s’attirait l’une vers l’autre comme des aimants, leurs mains se cherchaient continuellement, et c’est derrière une des colonnes du Parthénon, dans quelque recoin sombre d’une ruelle ou dans des endroits plus reculés de la ville que leurs corps, ne pouvant supporter d’être séparés plus longtemps, volaient au temps quelques caresses érotiques, quelques baisers passionnés pour tenter de calmer momentanément le feu du désir, qui les consumait tout entiers. Les ruines écrasées de lumière de Délos, le coucher de soleil mauve-orangé sur les façades blanches des maisons de Santorin, le merveilleux petit village de Vathi à Siphnos, les bleus et les rouges chatoyants de Mykonos, tout célébrait leur amour. Rien ne les arrêtait, pas même le dérisoire obstacle de leur vêtement. Ses mains impatientes volaient sous sa jupe coquine, ses cuisses insolentes modelaient l’attribut le plus vibrant de son désir. Mais ces interludes ne faisaient qu’attiser leur passion, qu’exciter leur imagination : résister à une telle tension, à un tel désir leur demandait une volonté énorme ; seul un réflexe inconscient de pudeur et de bonne éducation les empêchait de basculer dans l’ivresse de leur sens, qu’ils n’arrivaient réellement à apaiser qu’après de longues heures passées dans la fusion totale de leur corps.
Là, à l’abri de tout regard, dans le doux secret de leur chambre, les mains douces et fermes d’Abel guidaient la jeune Élise lentement vers le plaisir que son sexe long et brûlant amenait à l’extase. Elle sentait qu’il emplissait son ventre tout entier, savourait leurs deux corps qui fusionnaient à l’endroit précis de leur jouissance, les transportant pendant de longues et délicieuses minutes dans la même sphère d’harmonie. Elle avait la sensation qu’ils se transformaient en un être étrange, une créature avec deux intelligences, deux corps qui se fondaient en un seul et même sexe, pour faire éclore une seule et même énergie, un seul et même feu. La peau de sa nymphe, sa fraîcheur, sa docilité et son appétit insatiable lui donnait la sensation intense de vivre, d’exister ; Élise ne pouvait se passer des délices, de l’assurance de son guide ; son odeur suave devenait pour elle comme une drogue qui l’emmenait invariablement dans un univers idyllique de protection parfaite ; elle se lovait contre lui comme un nouveau né cherchant l’odeur maternelle ; près de lui, tout lui semblait possible et rassurant. Un monde nouveau planait au-dessus d’eux, auréolés qu’ils étaient de leur amour.
- Extrait -
Clara
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